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3. Verbes au passif.

3.3 Les verbes au passif 3.3.1 Règle Étudiez ce qui se passe lorsque l’on met un verbe au passif : • Le chat a mangé la souris --> La souris a été mangée par le chat. Que devient le sujet chat ? Il devient ________________. Quel est la fonction du mot à l’actif qui va devenir sujet au passif ? Il est _________________. A quelle condition peut-on mettre un verbe au passif ? Il doit avoir un __________. Solutions : Que devient le sujet chat ? Il devient complément d’agent. Quel est la fonction du mot à l’actif qui va devenir sujet au passif ? Il est COD. A quelle condition peut-on mettre un verbe au passif ? Il doit avoir un COD. 3.3.2 Les cas « délicats » Jusqu’à présent, on a trouvé des participes passés conjugués avec être et qui s’accordaient au sujet, et des participes conjugués avec avoir et qui s’accordaient au COD si celui-ci était placé avant. Nous allons faire la connaissance de cas où l’accord subit des transformations inattendues. 3.3.2.1 Participes passés + infinitif Voici deux exemples sur lesquels nous allons nous pencher. • Les fruits que j’ai vus tomber étaient bien mûrs. (1) • Les fruits que j’ai vu cueillir étaient bien mûrs. (2) Comme vous le voyez, ces deux phrases se ressemblent beaucoup. Pourtant, il y a une différence qui doit expliquer pourquoi l’on fait l’accord dans le cas n°1, alors qu’on ne le fait pas dans le cas n° 2. Si vous ne voyez pas la différence, demandez-vous quel est le sujet de l’infinitif, et ensuite, qui fait l’action de l’infinitif. Cas n°1 : Le sujet de tomber est que, mis pour ________ (fruits). Ce que j’ai vu, ce sont des fruits. J’ai donc vu des fruits qui étaient en train de tomber. Cas n°2 : L’acteur de cueillir n’est pas ________ (nommé). Ce que j’ai vu, c’est quelqu’un qui cueillait des fruits. Le sujet que mis pour fruits ne fait pas l’action. Le verbe a donc un sens passif. Ce que j’ai vu, ce sont des fruits qui étaient cueillis (par des gens), une action donc. Une action n’a ni genre ni nombre. On ne peut donc pas faire d’accord. La règle est : Lorsqu’un participe passé conjugué avec avoir est suivi d’un infinitif de sens actif (exemple 1), on fait l’accord avec le sujet de l’infinitif. (le sujet de l’infinitif fait l’action) Lorsqu’un participe passé conjugué avec avoir est suivi d’un infinitif de sens passif (exemple 2) on ne fait pas l’accord. (Le sujet de l’infinitif subit l’action) 3.3.2.2 Les passifs abusifs On entend souvent des passifs abusifs (exagérés, qui sont faux). En voici quelques exemples : Passif abusif, donc faux Valence Passif correct * Le patient a été greffé. Greffer qc à -qn Un rein a été greffé au patient. * Le libraire a été livré hier. Livrer qc à qn Un livre a été livré hier au libraire. C’est le rein qui a été greffé, pas le patient, et c’est le livre qui a été livré, pas le libraire. Attention : certains ont des difficultés à savoir si un verbe est conjugué avec « avoir » ou avec « être ». Pierre est sorti. est : verbe être Pierre a sorti la poubelle. a : verbe avoir La victime a été assassinée hier. a été : verbe être, conjugué lui-même dans les temps composés avec l’auxiliaire avoir. Dans le deuxième cas, le verbe « sortir » a un COD (poubelle). C’est pour cette raison qu’il a uest conjugué avec « avoir ». Dans le dernier cas, nous avons l’auxiliaire être au passé composé. Il est lui-même comme toujours conjugué avec l’auxiliaire « avoir ». Le verbe assassiner est ici au passif passé composé, et donc conjugué avec « être ». Notez que le verbe « assassiner », qui est employé au passif, est conjugué avec l’auxiliaire « être », lequel se conjugue lui-même avec « avoir ». Ce n’est donc pas « assassiner » qui se conjugue avec « avoir », mais l’auxiliaire « être ». 3.3.3 Les cas désespérants Rassurez-vous : nous n’avons pas encore fini de nous arracher les cheveux. En effet, il se passe des choses à peine croyables dans deux cas particuliers : • Les verbes suivis d’un infinitif • Les verbes pronominaux 3.3.3.1 Les verbes suivis d’un infinitif Partons d’une série d’exemples : • Les fruits que j’ai vus étaient mûrs. (1) • Les fruits que j’ai vus tomber étaient tous mûrs. (2) • Les fruits que j’ai vu cueillir étaient tous mûrs. (3) • Les photos que nous avons fait développer étaient ratées. (4) Le cas n° 1 est assez classique : Le COD de « j’ai vu » (voir qc) est « que », mis pour « fruits », placé avant le verbe conjugué avec « avoir ». Il faut donc faire l’accord en genre (masculin) et en nombre (pluriel) : les fruits que j’ai vus. Les cas n° 2 et n° 3 sont assez semblables. Pourtant, dans le cas n° 2, on fait l’accord, alors que dans celui qui porte le numéro 3, on ne le fait pas. Pourquoi ? Eh bien, dans le cas n° 2, le COD que, qui représente les fruits, fait l’action de l’infinitif : ce sont les fruits que je vois, et ce sont les fruits qui tombent. Dans le cas n° 3, ces mêmes fruits ne cueillent pas. : ils sont cueillis. Ils subissent donc l’action de l’infinitif, sans que l’on sache ici qui les cueille. Ce que je vois ici, c’est cueillir les fruits, une action donc, qui n’a ni genre ni nombre, et ne permet donc pas que l’on fasse l’accord. Enfin, dans le cas n° 4, qu’avons-nous fait ? Nous avons fait développer des photos. Que = les photos est le COD de développer. Ce qui est COD de faire, c’est développer les photos. C’est donc une action bâtie autour d’un verbe, qui n’a pas de genre ni de nombre, et interdit donc de faire l’accord. Pour les cas deux et trois, nous aurons la règle suivante : Lorsqu’un verbe à un temps composé est suivi d’un infinitif de sens actif (le sujet de l’infinitif fait l’action), le participe s’accorde en genre et en nombre avec son COD s’il est placé avant. (cas n° 2) Mais si le sujet de l’infinitif subit l’action de cet infinitif (sens passif), il n’y aura pas d’accord. (cas n°3) Pour le dernier cas, nous retiendrons : Lorsqu’un verbe à un temps composé est suivi d’un infinitif et que son COD est constitué autour de l’infinitif, il n’y aura pas d’accord, le COD n’ayant ni genre ni nombre. (cas n°4) Le verbe faire suivi d’un infinitif correspondant toujours à ce cas, il n’y aura jamais d’accord possible. Ceci est aussi valable pour le verbe laisser suivi d’un infinitif.